Lundi 25 février 2008
Les justes, d’Albert Camus
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Résumé du 4e de couverture : Ne pleurez pas. Non, non, ne pleurez pas ! Vous voyez bien que c’est le jour de la justification. Quelque chose s’élève à cette heure qui est notre témoignage à nous autres révoltés : Yanek n’est plus un meurtrier. Un bruit terrible ! Il a suffi d’un bruit terrible et le voilà retourné à la joie de l’enfance.

Mon résumé : Un groupe de terroristes socialo-communistes, affilié à l’Organisation, organise l’attentat du Grand-duc de Russie, oncle du tsar, afin de faire cesser les [align=center]horreurs, l’autocratie, l’injustice... Peu de personnages : Annenkov (Boria), Dora, Stepan, Voinov (Alexis) et surtout Kaliayev, les terroristes, la Grande-duchesse, un gardien de prison, un prisonnier, le directeur du département de police. Je me rends compte qu’en fait ça fait beaucoup, ça... Mais bref !



Extraits :

Extrait 1, Acte premier [Kaliayev est nouveau dans le groupe, et vient de se faire insulter par Stepan, qui s’est juste évadé du bagne.]


KALIAYEV

Non. Je sais ce qu’il pense. Schweitzer le disait déjà : « Trop extraordinaire pour être révolutionnaire. » Je voudrais leur expliquer que je ne suis pas extraordinaire. Ils me trouvent un peu fou, trop spontané. Pourtant, je crois comme eux à l’idée. Comme eux, je veux me sacrifier. Moi aussi, je puis être adroit, taciturne, dissimulé, efficace. Seulement, la vie continue de me paraître merveilleuse. J’aime la beauté, le bonheur ! C’est pour cela que je hais le despotisme. Comment leur expliquer ? La révolution, bien sûr ! Mais la révolution pour la vie, pour donner une chance à la vie, tu comprends ?

DORA, avec élan

Oui... (Plus bas, après un silence.) Et pourtant, nous allons donner la mort.

Extrait 2, Acte deuxième [Kaliayev devait lancer une bombe sur la calèche du Grand-duc. Il n’a pas pu, car il y avait des enfants dans la calèche et il refuse de tuer des innocents.]

DORA

[...]

Même dans la destruction, il y a un ordre, il y a des limites.

STEPAN, violemment

Il n’y a pas de limites. La vérité est que vous ne croyez pas à la révolution. (Tous se lèvent, sauf Yanek.) Vous n’y croyez pas. Si vous y croyiez totalement, complètement, si vous étiez sûrs que par nos sacrifices et nos victoires, nous arriverons à bâtir une Russie libérée du despotisme, une terre de liberté qui finira par recouvrir le monde entier, si vous ne doutiez pas qu’alors, l’homme, libéré de ses maîtres et de ses préjugés, lèvera vers le ciel la face des vrais dieux, que pèserait la mort de deux enfants ? Vous vous reconnaîtriez tous les droits, tous, vous m’entendez. Et si cette mort vous arrête, c’est que vous n’êtes pas sûrs d’être dans votre droit. Vous ne croyez pas à la révolution.

Silence. Kaliayev se lève.


KALIAYEV

Stepan, j’ai honte de moi et pourtant je ne te laisserai pas continuer. J’ai accepté de tue pour renverser le despotisme. Mais derrière ce que tu dis, je vois s’annoncer un despotisme qui, s’il s’installe jamais, fera de moi un assassin alors que j’essaie d’être un justicier.

STEPAN

Qu’importe que tu ne sois pas un justicier, si justice est faite, même par des assassins. Toi et moi ne sommes rien.

Extrait 3, acte quatrième [Kaliayev a tué le Grand-duc ; il est en prison et la Grande-duchesse lui rend visite.]

LA GRANDE-DUCHESSE, s’assied, comme épuisée.

Je ne peux plus rester seule. Auparavant, si je souffrais, il pouvait voir ma souffrance. Souffrir était bon alors. Maintenant... Non, je ne pouvais plus être seule, me taire... Mais à qui parler ? Les autres ne savent pas. Ils font mine d’être tristes. Ils le sont, une heure ou deux. Puis ils vont manger – et dormir. Dormir surtout... J’ai pensé que tu devais me ressembler. Tu ne dors pas, j’en suis sûre. Et à qui parler du crime, sinon au meurtrier ?

KALIAYEV

Quel crime ? Je ne me souviens que d’un acte de justice.

LA GRANDE-DUCHESSE

La même voix ! Tu as eu la même voix que lui. Tous les hommes prennent le même ton pour parler de la justice. Il disait : « Cela est juste ! » et l’on devait se taire. Il se trompait peut-être, tu te trompes...

Ma critique : C’est une pièce vraiment intéressante qui questionne beaucoup sans donner de réponse – mais y en a-t-il ? Qui a raison ? Jusqu’où peut-on aller dans la révolution ? Où se trouve la justice ? Cela remue, et l’on se rend compte qu’il faut savoir au moins soulever les questions... Dès que Dora, Kaliayev en posent, on leur ordonne de se taire. Lorsque la Grande-duchesse rappelle le meurtre de l’homme sous l’attentat de l’idée, Kaliayev ne peut le supporter. Malgré leur courage apparent – accepter sa propre mort, sa condamnation, la prison... – ils n’ont pas le courage de la réflexion fondamentale, mais peut-être est-elle impossible à ceux qui veulent agir ? Ils ont refusé de tuer le neveu et la nièce du Grand-duc, mais la femme de celui-ci dit à Kaliayev que la nièce est une peste insensible « elle a un mauvais coeur », « elle a peur de toucher [les pauvres] » alors que son oncle buvait avec les paysans. Alors ? Que faire ? Qui condamner ? Est-ce seulement vrai ? Et où est l’honneur ?
J’ai la même impression qu’après avoir fini L’étranger, du même auteur. Un livre dérangeant. Qui pose des faits, nous livre un récit dans son entier, nous les met sous le nez et débrouille-toi avec ça mon coco ! Mais quelle chance tout de même, heureusement qu’il y a des romans, des pièces, des textes disons, qui ouvrent à la réflexion, au débat... Impossible d’adopter une pensée ici. On doit se faire la sienne propre, puisque même on ne sait pas l’avis de Camus – enfin pas à la première lecture.

Note : je ne sais pas... en tout cas j’ai aimé cette pièce !

Détails pratiques :
Deux éditions sur le site de la FNAC, chez Gallimard
- Collection Folio Théâtre, 3,42 €
- Collection Blanche, 13,76 €

Critique de Viveleslivres, administratrice du Forum Litterat de Bibliothèque, et votre serviteuse !
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Lundi 25 février 2008
Blacksad, tome 1, Quelque part entre les ombres

Blacksad est dessinée par Juanjo Guarnido, le scénario est écrit par Juan Canales et elle est éditée chez Dargaud (prix d'une bd : environ 18€ si je me souviens bien)
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Résumé de la 4e de couverture :

"Parfois, quand j'entre dans mon bureau, j'ai l'impression de marcher dans les ruines d'une ancienne civilisation. Non à cause du désordre qui y règne, mais parce que certainement cela ressemble aux vestiges de l'être civilisé que je fus jadis."

Mon résumé :
Blacksad est un enqueteur de la police. Une de ses ex-concubines est retrouvée morte dans son lit.
Sans aucun indice, Blacksad va devoir retrouver le meurtrier...

Critique:
Le résumé est très court, mais que voulez-vous, s'agissant d'un polar, je ne peux vous en dire plus de crainte de vous révéler l'histoire Cligne .
Parlons-en justement !
L'histoire est extrêmement bien ficellée :
il y a beaucoup de rythme, et même s'il est plutôt "classique", l'écriture captive le lecteur...
Quand j'ai lu cette bd pour la première fois (en une fois bien entendu) je me suis laissé porté par cet univers que nous proposent Canales et Guarnido .
Je n'ai pas été déçu !

Les dialogues vont de paire avec le scénario : c'est drôle, les personnages ont beaucoup de classe.
Les méchants comme les gentils ! (voir extraits)

Parlons maintenant dessins, qui sont réellement magnifiques et très intéressants.
Le style de dessin est tout simplement génial, en plus d'être très soigné.
Dès le début, on remarque que Blacksad est un chat. Et d'autres personnes sont également des animaux
comme le lieutenant Smirnov (un chien) ou le boxeur (un gorille).
Au fil de la bd, on s'aperçoit que ce n'est pas anodin puisque les animaux traduisent le caractère du personnage en question. Par exemple, Blacksad est un personnage plutôt sombre et discret, il est donc un chat.
Pour conclure, je dirais qu'il s'agit là d'une excellente bd, tant par le côté scénarisitique que graphique.
Vous ne l'avez pas encore achetée? Foncez !


Extrait :
Citation:
Une chose était claire : pour trouver Léon il allait falloir que je rencontre d'abord son mystérieux ami qui, pendant que j'étais perdu dans mes pensées, transperçait déjà mon dos de son regard "expressif"(cet ami est un serpent aux yeux globuleux, ndlr)...et mes tripes de son couteau.



Conclusion
Les + :
- Les dessins, magnifiques en tout points
- Le scénario, captivant, facile à lire
- l'ambiance créée
- l'humour
- Chaque tome a une histoire différente, par conséquent vous pouvez commencer au 3e tome, cela ne posera aucun problème.(il en existe 3 à ce jour )

Les - :
-Je cherche, je cherche...


Note : j'hésite à mettre 10/10 ou 9/10, car "jamais rien n'est parfait"...
Peut-être les auteurs de Blacksad ont démontré le contraire...


 



Si vous voulez avoir un aperçu, allez sur le site de l'éditeur:

http://www.dargaud.com/front/albums/planches.aspx?id=782

Critique d'Asraal, administrateur du Forum Litterat de Bibliothèque
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Lundi 25 février 2008
Kenshin le vagablond

Ce manga a été créé par Nobuhiro Watsuki et a été publié en français aux éditions Glénat.
Il comporte 28 volumes et a été adapté en animé, et 4 OAVs viennent s'ajouter à tout cela.


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Résumé (wikipédia)
:
L'histoire se passe en 1878 à Tokyo. Kenshin Himura, ancien assassin surnommé Battosaï durant l'ère Edo, cache un passé très lourd...

Devenu un vagabond depuis l'instauration de l'ère Meiji, il parcourt le pays muni de son sabre à lame inversée, avec le désir de ne plus tuer. Il rencontre une jeune fille qui cherche à protéger son dojo, Kaoru Kamiya, et finit par s'installer chez elle après l'avoir aidée. Peu à peu, ils vont rencontrer leurs futurs compagnons : Yahiko Myôjin, un garçon issu de la classe des samouraïs qui devient le disciple de Kaoru, et Sanosuke Sagara.

Malgré son désir de ne plus tuer, Kenshin se fait rattraper par son passé et le gouvernement a souvent besoin de lui. En effet, même si la paix est rétablie dans le Japon, certains hommes cherchent encore leur place dans cette nouvelle société loin d'être parfaite. De plus, malgré la nouvelle place de Kenshin aux côtés de Kaoru, persiste en lui une pensée sombre et douloureuse...

Critique :
Ce shonen est tout d'abord assez original puisque l'histoire est basée sur une légende du 19e siècle au Japon, et de l'ère Edo.
Vous l'aurez compris, le scénario est très structuré, sans être lourd, et se rapporte aux terribles évènements qui se sont passés au Japon à cette époque.
Il ne s'agit pas pour autant d'un manga historique, mais ce côté-là me parait intéressant.
En effet, combien d'entre nous connaissent l'histoire du Japon par coeur? ^^
Grâce à cette base de scénario, nous sommes plongés dans l'époque des derniers samouraïs, une période qui me fascine ! Si comme moi vous aimez le "Japon médiéval", le scénario devrait vous plaire.

Pour parler dessins, ceux-ci sont assez particulier. Sans pour autant être banal, le style de dessin de Watsuki est relativement classique. Le côté empoisonnant de son style est que parfois les combats sont confus; peut-être à cause des gros plans sur les protagonistes et antagonistes. Le reste du manga est bien dessiné, sans pour autant être extraordinaire.


kenshin09pk0.jpg Au-delà du visuel ...

Les personnages sont souvent très attachants.
Kenshin a beaucoup de classe, même s'il est parfois un peu ridicule !
OYO ?
Yahiko est un personnage complexe, bien qu'enfant, et on se surprend à sourire dès qu'on le voit sur une page.
Sanosuke, le grand brun ténébreux à l'épée de 3 mètres (si,si !), a également beaucoup de classe, dans sa gestuelle et ses discours.

Ce manga a également une portée philosophique :
C'est l'histoire d'un homme, Kenshin, mais aussi de tous les hommes qui essayent tant bien que mal de racheter un lourd passé. C'est clairement le thème du manga de Nobuhiro Watsuki : le voyage expiatoire d'un homme poursuivi par son passé.


Le petit défaut reste dans les dialogues, qui sont parfois un peu longuets ;
le côté historique du manga peut devenir lourd par moments.

Kenshin a également quelques scènes violentes, et certains dialogues et ennemis peuvent choquer les plus sensibles (enfin il faut vraiment l'être ^^)

Sans pour autant être parfait, Kenshin le vagabond reste un classique des shonen et reste très agréable à lire.
Note finale : 7.5/10

Critique d'Asraal, administrateur du Forum Litterat de Bibliothèque
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Mercredi 7 novembre 2007
Zémal, l’épée de Feu – Chronique de Tramorée, de Javier Negrete

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Traducteur : Christophe Josse

Résumé du 4e de couverture : Tariman, le dieu forgeron, descendit vers le feu éternel du Pratès, les abysses de l’enfer. Là, en secret, il forgea Zémal, l’Épée de Feu. Il invoqua les pouvoirs de la terre et du ciel, le feu des comètes, la lumière des étoiles et les enferma tous dans une lame éblouissante par son éclat.
Telle est l’origine de Zémal, nous dit le mythe des Âges. Or, à la veille de l’an mil, alors que des forces obscures oeuvrent à rallumer la guerre entre les hommes et les dieux disparus, le dernier détenteur de la lame de feu vient à mourir. Seul un tahédoran, grand maître de l’épée, peut participer à sa quête et se l’approprier à son tour. Derguin Gorion et Mikhon Tiq n’ont pas vingt ans ; l’un se destinait à l’épée, l’autre est le disciple d’un mage. Voici l’aventure de ces deux amis saisis dans cette quête où l’avenir même de la Tramorée est en jeu.

Mon résumé : La réunion de quatre personnages qui n’ont pas, à priori, pas tellement en commun : Mikhon Tiq, disciple du kalagôrinor Yatom, le sage Linar, kalagôrinot lui-même, Kratos May, tahédoran à neuf marques, et Derguin Gorion, ibtahan de sixième niveau renvoyé de son école. Leur destin va se croiser pour leur quête commune de Zémal, l’arme qui donne pratiquement tous les pouvoirs à son possesseur. À la mort de celui-ci, des prêtres (les pinakles) sont chargés de la dissimuler dans un endroit lointain (et sauvage) et à une date précise, les tahédorans qui y sont prêts sont mis au courant de cette cachette. Le premier à la saisir devient le nouveau Zémalnite jusqu’à la fin de sa vie et tout recommence. Le dernier en date, Haïron, est assassiné. Le défi est lancé et nous sommes presque en lice nous-mêmes, grâce à ce très bon roman.

Extraits :  « Bien qu’un épais rideau de feutre obstruât la fenêtre, la pièce s’illumina. La lame brillait d’un éclat qui s’annonçait aveuglant de prime abord ;  on pouvait cependant braquer les yeux sur elle sans être ébloui. En vérité, on avait d mal à en détourner le regard. Autour de son tranchant, les images scintillaient et l’air s’imprégnait d’une odeur épicée, vibrant d’un bourdonnement sourd et lointain que l’on ressentait même dans la cage thoracique. »

« Le pas lent du vieux Tarondas les guida enfin au cœur du sanctuaire ; les rayonnages laissaient place à des pupitres où les érudits de la bibliothèque et les savants de passage se penchaient, les sourcils froncés et les coudes pliés, sur des pages séculaires. Au milieu, sous l’oculus vitré du dôme, on découvrait une table ovale, de sic mètres sur quatre avec la carte de Tramorée. Sa maquette, plus exactement, car chaque cordillère saillait minutieusement en un relief à base de plâtre ; les fleuves étaient des sillons peints en bleu qui serpentaient entre de vers pâturages ou des steppes grises ; les forêts étaient autant d’armées de bâtonnets coiffés de boules de coton minuscules ; les déserts, des papiers de verre jaunes et rugueux dont les grains figuraient les sables ; on y voyait aussi les cités majeures, leurs murailles façonnées en bois et de ravissantes miniatures des monuments les plus connus. »

Critique : Un bon roman de fantasy, cocktail formé de tous les ingrédients classiques de cette tambouille : la magie, les « chevaliers » ou approchant, la quête, les ennemis qui paraissent indestructibles, l’amour, l’amitié… Mais Javier Negrete ajoute ses épices qui relèvent nettement le goût ce cette épopée prenante, à l’univers intéressant, sorte de mélange d’empire gallo-romain, de cités médiévales et de contrées inconnues et effrayantes dignes des Enfers des mythologies scandinaves. Il y a un véritable suspense jusqu’à la fin du récit, car l’auteur ne nous permet pas de deviner un « happy end »… Ou non. ^^

+ : - L’univers
-    Les personnages
-    L’intrigue

-  :  Parfois des longueurs
Tout de même des moments trop peu novateurs : la fantasy reste un genre difficile car elles entraîne vite dans des clichés.

Note : 17,5 / 20

Détails pratiques :
- Éditions l’Atalante, collection « Les dentelles du cygne »
-    22 €
-    477 pages sans les cartes et les appendices

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Mercredi 7 novembre 2007
Médée, de Sénèque
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Traducteur : Pierre Maréchaux

Résumé du quatrième de couverture : Médée, une mère aimant trop ses fils, commence par tuer sa bru avant de les exterminer, sur la scène, aux yeux de tous. Cette pièce forte, où Shakespeare et les dramaturges élisabéthains viendront s’abreuver, ne s’achève pas sur la punition, mais sur l’envol de la criminelle, emportée par un char que tirent des dragons.

Mon résumé : Médée, princesse magicienne de Colchide, devenue épouse de Jason (vous savez, celui de la Toison d’or) contre l’avis de son père et de tous ceux de son peuple, partie en exil avec lui. Ils arrivent à Corinthe, où Jason rencontre Créüse, la fille de Créon, le roi de cette cité. Il demande sa main et l’obtient. La pièce débute sur la colère noire de Médée jalouse, trompée par son mari. Au long de la tragédie, on la voit être bannie de la cité, puis obtenir un jour de répit pour dire adieu à ses enfants, comploter sa vengeance et la mettre à exécution, en tuant Creüse et ses propres enfants.

Extraits :
Scène II, vers 164-167
Nourrice
Elle est loin la Colchide, ton époux t’a trahie
Et d’une si grande puissance plus rien ne te reste.
Médée
Il me reste Médée, et en elle tu vois la mer et la terre
Le feu et le fer, les dieux et la foudre.

Scène III, vers 282-284
Médée
Suppliante, c’est dans mon départ que je t’implore pour la dernière fois
Que la faute de leur mère ne retombe pas sur des fils innocents.
Créon
Va-t-en ! Je les recueillerai affectueusement dans mon sein tel un père.

Scène IV, vers 575-578
Médée
Ces présents, mes fils iront sur mon ordre les porter à l’épousée,
Mais auparavant ils seront enduits et chargés de funestes maléfices.
Qu’on invoque Hécate ; qu’on prépare le rituel de mort :
Qu’on dresse les autels et que bientôt les flammes crépitent jusqu’aux toits.

Critique :
Difficile de critiquer une pièce écrite dix-neuf siècles avant notre naissance… Les exigences n’ont rien à voir, les mentalités et les modes sont si différentes… Mais je m’atèle tout de même à la tâche, courageusement ^^ !
J’ai beaucoup aimé lire cette pièce, à la fois parce que  j’aime la mythologie, parce que c’est une des peu nombreuses pièces antiques qu’on a conservées, et parce qu’on y voit quelques touches féministes ! Médée est un beau personnage, complexe, avant tout une femme amoureuse bafouée, mais aussi une mère aimante et une magicienne d’ascendance divine. Il y a des scènes magnifiques où elle ne sait plus quelle femme écouter en elle. En revanche, pour une pauvre jeune du XXIe siècle, les chœurs sont vraiment longs et relativement ennuyeux. J’ai beau savoir que c’était une composante essentielle du théâtre grec, ces passages, descriptifs le plus souvent, sont à la limite de me faire sauter des pages (ce que seule la description de Notre Dame de Paris éponyme dans le roman de Victor Hugo a réussi à me faire faire !).

+ : traduction reprenant la versification
beaux personnages
lire une pièce aussi ancienne

- : appels de notes parfois inutiles alors que d’autres allusions mythologique ou culturelles restent obscures.
Chœurs
Brièveté de la durée de l’intrigue (moins d’une journée)

Note : je ne me permettrais pas !

Détails pratiques : - traduction récente chez « Le Livre de Poche », collection « Les Classiques d’aujourd’hui »
- 1,43 €
- 68 pages sans la préface

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Jeudi 13 septembre 2007
Voyage au bout de la nuit, de Louis-Ferdinand Céline
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Résumé du 4e de couverture (extrait) :
-    Oh ! Vous êtes donc tout à fait lâche, Ferdinand ! Vous êtes répugnant comme un rat…
-    Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans… Je ne la déplore pas moi… Je ne me résigne pas moi… Je ne pleurniche pas dessus moi… Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu’elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c’est eux qui ont tort, Lola, et c’est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir.



Mon résumé : Ferdinand Bardamu, homme jeune au début du roman, puis moins, paumé, mais avec quelques convictions qui souvent ne tiennent pas, au fur et à mesure qu’il « s’enfonce dans la nuit », sans illusions, désabusé, blasé de plus en plus, mais sans provocation. Il rencontre d’abord la guerre, qu’il refuse (cf. ci-dessus ^^), Lola qui finit par le refuser, pour la raison susdite. Il voyage, aux colonies, il est médecin, à Rancy, il part, il revient… Mais il s’enfonce dans la dépravation, environné de misère, de haine, de vices qui le gagnent peu à peu.

Extraits : « Ils n’étaient plus en fin de compte eux-mêmes que de vieux rongeurs domestiques, monstrueux, en pardessus. La gloire de nos jours ne sourit guère qu’aux riches, savants ou non.Les plébéiens de la Recherche ne pouvaient compter pour les maintenir en haleine que sur leur propre peur de perdre leur place dans cette boîte à ordures chaude, illustre et compartimentée, [L’Institut Bioduret Joseph]. C’était au titre de savant officiel qu’ils tenaient essentiellement. Titre grâce auquel les pharmaciens de la ville leur accordaient encore quelque confiance pour l’analyse chichement rétribuée d’ailleurs, des urines et des crachats de la clientèle. Casuel bourbeux du savant. »

« Personne ne me payait. J’ai consulté à l’œil, surtout par curiosité. C’est un tort. Les gens se vengent des services qu’on leur rend. »

« Il lui reprit l’argent d’autorité et à la place des pièces lui chiffonna dans le creux de la main un grand mouchoir très vert qu’il avait été cueillir finement dans une cachette du comptoir.
    Le p !ère nègre hésitait à s’en aller avec ce mouchoir. [Le gérant de la boutique] fit alors mieux encore. Il connaissait décidément tous les trucs du commerce conquérant. Agitant devant les yeux d’un des tout petits noirs enfants, le grand morceau d’étamine : « Tu le trouves pas beau toi dis morpion ? T’en as souvent vus des comme ça dis ma petite mignonne, dis ma petite charogne, dis mon petit boudin, des mouchoirs ? » Et il le lui noua autour du cou d’autorité, question de l’habiller. »

Critique : Un roman magnifique, mais dont on ne sort pas indemne. Il suinte, il dégouline de désespoir, ce livre ! Il donne la sensation d’être en sueur un jour orageux très chaud, lourd, avec ciel gris et pas de réjouissances en perspective. On transpire notre optimisme, on le pleure. Les personnages sont répugnants mais banals, entourés d’êtres pires ou équivalents, les décors sont tristes ou invivables. On suit un impuissant presque volontaire jusqu’ « au bout de la nuit », dans le noir sans nuances. Les puissants sont terribles et impitoyables, aussi on espère voir les sous-fifres se serrer les coudes. Quelle utopie… Chacun dans sa crasse, à se plaindre et se salir encore plus (pour arriver à l’imperméabilité ?), se réjouit quand le voisin se ramasse la gueule sur une poubelle puante. L’autre est là pour qu’on lui déverse le trop-plein de saletés, de haine et de rancœur.
    Ça donne envie, hein ?
    Mais tout ceci n’empêche pas que ce soit très bien écrit, d’ailleurs Céline a révolutionné l’écriture romanesque avec son style très oral et argotique… mais tellement littéraire. C’est à lire à doses savamment choisies, il faut faire attention à garder ses distances (j’ai du mal, d’ailleurs !), en alternant par exemple avec un livre plus léger ou drôle (je l’ai fait avec un Pratchett – prochaine critique ^^).
    Malgré tout, je  le conseille vivement, sauf aux âmes trop sensibles, ou aux gens qui vont déjà mal (ça ne risque pas de vous remonter le moral !). Il aide à ouvrir les yeux mais aussi à choisir des filtres pour regarder le monde – le regarder sans rend malade, fou, ou dépressif, je pense.

+/- : Impossible de juger ce livre ainsi !

Note : impossible également (… pour moi !)

Détails pratiques :
- plein d’éditions (12 sur le site de la FNAC) ! Mais entre autres Folio chez Gallimard
-    621 pages dans cette collection
-    Prix FNAC : 7,79 €

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Jeudi 6 septembre 2007
Les Dames du Lac ; le Cycle d’Avalon, tome 1, de Marion Zimmer Bradley

Traductrice : Brigitte Chabrol

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Résumé du 4e de couverture : La légende du roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde n’avait, depuis longtemps, inspiré un roman d’une telle envergure. Merlin l’Enchanteur, Arthur et son épée fabuleuse, Lancelot du Lac et ses vaillants compagnons, tous sont présents, mais ce sont ici les femmes qui tiennent les premiers rôles : Viviane, la Dame du Lac, Ygerne, duchesse de Cornouaille et mère d’Arthur, son épouse Guenièvre, Morgane la fée, sœur et amante du grand roi…
Cette épopée envoûtante relate la lutte sans merci de deux mondes inconciliables : celui des druides et des anciennes croyances et celui de la nouvelle religion chrétienne  qui supplante peu à peu les rites ancestraux de la Grande-Bretagne avant qu’elle ne devienne l’Angleterre.

Mon résumé : Après tant d’écrits et de publications brodant plus ou moins autour de l’histoire célèbre d’Arthur, de ses chevaliers et de sa Table à la forme bien connue, voici enfin un ouvrage où les femmes sont mises en avant. Les noms qui reviennent de loin en loin de reines plus belles les unes que les autres, sans avoir d’autre intérêt que celui d’engendrer les futurs héros ou encore d’entraîner les mêmes hommes sur la voie du « péché », par leur simple existence, ont enfin droit à des états d’âme, des pensées, des dilemmes. Elles passent donc au premier plan, notamment Viviane, grande prêtresse d’Avalon (si, si, vous savez… La terre mystique où Arthur part, sur une barque magique, à sa mort), qui est une terre des croyances anciennes, des druides et leurs cercles de pierres, des prêtresses dévouées à la Nature, … et Morgane (c’est vraiment elle qui est au cœur du récit), sans cesse écartelée entre ses serments à la Déesse d’Avalon et ses désirs et ses tourments de femme, Ygerne (surtout au début), mère de Morgane et d’Arthur et Guenièvre, future reine de Grande-Bretagne. Ce qui  se déroule  en soir, ce n’est sans doute pas la peine de le dire, car ceux qui seront intéressés connaissent sûrement déjà les grands traits de ce mythe.

Extraits : « Il est écrit dans les étoiles, mon enfant, que cette terre ne retrouvera son unité que sous la main d’un roi issu des deux royautés, celle des anciennes Tribus qui honorent la Grande Déesse et celle obéissant à Rome. La paix est à ce prix, l’alliance du dragon et de la croix. Alors, Ygerne, ceux-là mêmes qui suivent la croix parviendront à entrevoir nos Mystères : leurs vies, déchirées entre le péché et la souffrance, le ciel et l’enfer, s’en trouveront adoucies, et l’espoir d’une seconde vie sur terre renaîtra en eux. »

« Puis, brusquement, comme un rideau se déchire, la brume se dissipa, dévoilant une étendue paisible d’eau ensoleillée bordée d’herbe. Non loin se trouvait la Montagne, le Tor, autour de laquelle s’enroulait, telle une spirale, le chemin réservé aux processions. À son sommet, Morgane, stupéfaite, aperçut, étincelant sous le soleil couchant, un cercle de pierres immenses dressées vers le ciel. Au pied de la Montagne étaient groupés les bâtiments réservés aux prêtres, et comme accrochés aux premières pentes, le Puits Sacré et le reflet miroitant d’une pièce d’eau. Des bosquets de pommiers bordaient le rivage et, légèrement en retrait, Morgane distingua de grosses boules de gui suspendues en plein ciel aux branches des hauts chênes. »

« Aujourd’hui, cependant, [Viviane] enviait Ygerne, tout en se demandant pourquoi elle avait perdu tous ses enfants. « Oui, je lui envie le grand amour qu’elle a connu… je n’ai pas eu de filles, mes fils me sont totalement étrangers… je n’ai jamais aimé personne, et personne ne m’a jamais aimée. Je n’ai suscité autour de moi que la crainte, le respect et l’admiration, mais jamais l’amour… Oui, sans hésiter, je donnerais tout cela pour sentir se poser sur moi, ne serait-ce qu’un instant, un regard comme celui d’Uther [Pendragon] posait sur Ygerne le jour de leur mariage. »

Critique : Mes convictions plutôt féministes, comme le savent ceux qui me connaissent un minimum, sont ravies d’un tel roman. Mon côté conteuse et écouteuse d’histoires se réjouit également, puisque celle d’histoire (ou Artus) et des chevaliers de la Table ronde me tient beaucoup à cœur (au point que j’ai fait un exposé dessus il y a quelques années). Ce roman est surtout intéressant, d’après moi, pour ces deux aspects, ainsi que les recherches sûrement romancées sur les anciennes croyances celtiques, avec les druides, les cultes à la Nature… L’écriture n’est pas extraordinaire. Il n’est ni plus ni moins que ce qu’on peut attendre de ce genre de livres, qui de toute façon, relatent des légendes de tradition orale, bien qu’on (que je ?) espère toujours un style qui  sorte de l’habituel. Il est difficile de savoir si l’auteur se livre à des élucubrations sur un thème qu’elle aime, ou si elle a fait des recherches sur des versions les plus anciennes possibles, puisque l’on n’a pas encore réussi à dater ce mythe. M. Zimmer Bradley le situe à la chute de l’empire romain, mais il est parfois placé plus tard au Moyen-Âge. Toujours est-il qu’il est né en Grande-Bretagne avant d’arriver en France et d’être raconté par les trouvères et les troubadours en langue d’oïl et en langue d’oc.

+ : - le point de vue des femmes
-    le décor peu courant d’Avalon
-    la « remise à jour » d’un lot (12 pour le prix d’une ^^) de très belles légendes qu’il serait bête d’oublier ou de perdre (et qui sont à tel point ancrées dans notre culture qu’il y a des séries télévisées qui s’en inspirent – il me semble - Il n’y a pas un truc qui s’appelle Caamelot ou quelque chose dans ce goût-là ?)
-    l’opposition christianisme/cultes païens
-    le questionnement sur le pouvoir, ses ficelles, les serments, les influences…

- :  - le style qui pourrait être plus « relevé » (ça manque d’épices, un peu, enfin plus ou moins, fade, quoi !
     - l’accent un peu trop souvent mis sur l’amour. (D’accord, c’est bien, mais bon…) Ça ne gêne pas pendant la lecture en soi, mais c’est un peu lassant.

Note : 16/20

Détails pratiques : - Le Livre de Poche, chez Pygmalion
-    6,50 €
-    Tomes parus dans cette édition : Les Brumes d’Avalon (T. 2), Le Secret d’Avalon (T.3)
-    357 pages en poche (sans compter la préface)

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Dimanche 26 août 2007
Le regard des Furies, de Javier Negrete

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Traducteur : Christophe Josse


Résumé du 4e de couverture : « Je ne suis pas un homme, se répétait-il. Il était plus et beaucoup moins. Un prédateur doué d’une intelligence et d’une efficacité extrêmes ; une machine à tuer ; un esclave du pouvoir, comme la Parque Atropos qui tranche le fil de la vie quand sa sœur Lachésis le lui ordonne. Les bêtes, les machines, les Parques et les génètes n’obéissent à aucune morale, ils ne peuvent choisir entre le bien et le mal. »
2116. Voici l’histoire d’Érèmos le « génète », agent clandestin de la puissante compagnie HONYC, en mission sur une planète-bagne pour y retrouver le secret du voyage interstellaire, jalousement gardé par les Tritons extraterrestres.
Un grand roman de science-fiction en même temps qu’une parabole sur l’exercice de la responsabilité.

Mon résumé : Érèmos, un génète, c’est-à-dire un « OGM humain », à mi-chemin entre l’homme et la machine, est chargé, après un sommeil artificiel de 20 ans, d’effectuer la mission la plus difficile qu’on lui ait jamais donnée. Seul, sur une planète inconnue dotée d’un univers carcéral et en déchéance, sans arme, sans contact, et il n’a que treize jours. Un personnage sans morale puisque sans conscience du bien et du mal, d’une intelligence exceptionnelle, aux ressources quasi-inépuisables, avec un fonctionnement interne équivalent à celui d’un ordinateur, un sex-appeal impressionnant… Sans oublier sa carrière de tueur en série.

Extraits :« Chez lui [Érèmos], les attirances relevaient du domaine de la curiosité, et le terme « attirance » n’était pas adapté en l’occurrence, car c’était plus intellectuel. »

« Quel est le fondement de l’éthique telle que nous l’envisageons habituellement, étant donné que les indices sur la nature de l’homme au cours de l’histoire semblent nous amener à la même conclusion : le droit du plus fort prévaut toujours ? »

« L’énorme chope de bière à demi pleine sur une table basse, à côté du hamac, était éloquente. Maldini avait l’air d’un hippopotame venu s’abreuver à ce récipient ocre. »

« Les prisonniers (…) se penchèrent au-dessus du Tartare, l’immense canyon qui s’ouvrait sous leurs pieds. Le terrain se creusait dans une chute à pic d’environ deux cents mètres. Ensuite, on découvrait une  descente vertigineuse de ravins, de gorges et de murailles de roche avant d’atteindre, enfin, mille mètres en contrebas peut-être bien, une vaste terrasse naturelle. Une ville y était édifiée. »

« Doué d’une mémoire très précise, il savait que trente-trois vies s’étaient éteintes sous ses yeux, par sa faute expressément. Mais il était aussi l’auteur de l’attentat contre l’usine d‘antimatière à Pomone et de l’explosion du vaisseau interplanétaire dans le système de Véga, sans oublier la dépressurisation dans trois secteurs de la station Bérénice. Des centaines de personnes qu’il n’avait pas vues succomber, des voix qui auraient dû crier vengeance dans sa conscience, des yeux qui auraient dû hanter ses rêves. »

Critique : Un très bon roman de SF, basé sur des problèmes que rencontre notre science et auxquels l’auteur invente des solutions, bien que sans les expliquer, ce qui permet d’un côté de ne pas tomber dans un faux docufiction où l’auteur « s’y croit » mais d’un autre, est une solution de facilité.
Le monde sur lequel évolue la plupart du temps le héros, Rhadamante, ressemble à un bas-fond de ville américaine, suffisamment éloigné des quartiers riches pour que ça ne gêne pas les bourgeois et pour que les caïds, créant leur mafia, puissent d’emparer officieusement, voire officiellement, du pouvoir. Le héros, Érèmos, est délicieusement insupportable, réussissant en tout, mais dépourvu de morale, remords ou sentiments quelconques (du moins au départ), et d’une culture étonnante. Les allusions et comparaisons répétées avec la Grèce antique donnent une dimension de plus. Ce livre véritablement écrit est à la 3e personne mais le point de vue est celui qu’on pourrait tout à fait prêter à Érèmos, notamment un certain nombre de petites touches d’humour ironique et pince-sans-rire, voire cynique.
Il porte à s’interroger sur la science, l’Univers, l’humanité, la rencontre-choc avec une forme de vie différente… Tout en étant un bon roman d’aventure-SF !

+ : - L’écriture
-    Le personnage principal et ses caractéristiques
-    L’univers à la fois familier et nouveau
-    Le questionnement ouvert par ce roman

- :  - Avoir basé (ou presque) son roman sur des voyages à vitesse hyperluminique, utiliser un certain nombre de personnages chercheurs ou savants, sans jamais expliquer véritablement (ce qui est, bien-sûr, normal, car s’il détenait une véritable solution, nous serions sûrement en train de préparer un voyage dans le système de Proxima du Centaure !).
-    Dire plusieurs fois que deux personnages ne se reverront pas, tout en les faisant se rencontrer à nouveau (mais ceci vient peut-être de la traduction des temps  et des conjugaisons employés)

Note : 17/20  Les défauts sont très bien compensés par les qualités (à trois points près ! ^^)

Détails pratiques : - Collection Dentelle du Cygne à l’Atalante
-    398 pages de roman
-    Prix FNAC : 18,90 €

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Dimanche 26 août 2007
Les Annales du Disque-Monde, de Terry Pratchett


29 tomes parus en français à ce jour, dont 22 en poche, chez Pocket

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Liste détaillée : La huitième couleur, Le huitième sortilège, La huitième fille, Mortimer, Sourcellerie, Trois soeurcières, Pyramides, Au guet !, Faust Eric, Les zinzins d’Olive-Oued, Le faucheur, Mécomptes de fées, Les petits dieux, Nobliaux et sorcières, Le guet des Orfèvres, Accros du roc, Les Tribulations d’un Mage en Aurient, Masquarade, Pieds d’argile, Le père Porcher, Va-t-en-guerre, Le dernier continent, Carpe jugulum, Le cinquième éléphant, La Vérité, Procrastination, Le dernier héros (illustré par Paul Kidby), Ronde de nuit, Le régiment monstrueux.

Traducteur (que je vénère) : Patrick Couton

Résumé : Je ne peux pas vraiment en faire un puisque je veux critiquer toute la saga !  Mais voilà ce que je peux dire…

Les tomes se déroulent  tous sur le Disque-Monde, monde plat comme une pizza porté par quatre éléphants (Bérilia, Tubul, Ti-Phon l'immense et Jérakine) qui tournent sur le dos d’une tortue (A’Tuin) qui nage dans l’espace-temps. Il compte cinq continents : le premier qui n’a pas de nom où se déroule la plupart des événements (il contient par exemple les Plaines de Sto, où est Ankh-Morpork et les montagnes du Bélier (avec des mini-royaumes comme Lancre), le Klatch (un équivalent de l’Afrique), l’Überwald (plus ou moins les Carpates, situé entre le Bélier et le Moyeu), le continent Contrepoids (au style oriental) et XXXX appelé également Quatriks ou Iksiksiksiks – notre Australie (logique !). La ville la plus célèbre dans laquelle se déroule un bonne partie des tomes est Ankh-Morpork. On trouve là-bas le Patricien Havelock Vétérini (dirigeant de la ville), toutes sortes de guildes (celle des Assassins, des Voleurs, des Fous, des Professeurs, des Courturières, des Imprimeurs…) qui sont en perpétuelle guerre les unes contre les autres, l’Université de l’Invisible, ou UI, qui est la plus réputée des universités de mages du Disque-Monde, le Guet des Orfèvres (la police morporkienne), etc.

Il y a des personnages qui reviennent dans chaque tome, même si ce n’est qu’implicitement dans une seule phrase, comme la Mort (une personnification anthropomorphique masculine), le bibliothécaire anthropoïde de l’UI (Ook…) et Planteur-Je-M’Tranche-La-Gorge (ou Planteur JMTLG), un bonimenteur d’Ankh-Morpork qui a des « homologues » au nom plus ou moins semblable dans d’autres pays, comme Platah-Je-Me-Tranche-La-Main.

Que dire de plus ? Mhm… Les héros changent régulièrement mais certains reviennent plusieurs fois, comme les sorcières (Nounou Ogg et Mémé Ciredutemps), le Mage Rincevent et les mages de l’UI en général, la Mort et plus tard sa petite-fille Suzanne Sto-Hélit, le Guet des Orfèvres (avec notamment Le commissaire divisionnaire Samuel Vimaire, le Capitaine Carotte, le Sergent Angua, le Sergent Côlon, le Caporal Chicque [Chicard], etc.) et je ne crois pas en oublier mais je me trompe peut-être !


Extraits : Comment choisir ? De plus, mes préférés ont été prêtés, je rajouterai donc ceci plus tard.

Critique : + : C’est de la fantasy de grande qualité. Il y a un humour hallucinant (non, ne vous inquiétez pas… On n’a pas du tout l’air con quand on rigole tout seul devant livre… Meu non voyons !), des jeux de mot à la pelle, des références toutes les douze lignes… Des personnages complexes, bien que parfois assez typés (Samuel Vimaire, du Guet des Orfèvres, ressemble à beaucoup de flics, ou de privés désabusés de polars un peu noirs) mais toujours attachants qu’on se prend à apprécier de plus en plus et qu’on a la bonne surprise de retrouver dans un tome suivant.
Des thèmes « graves », du moins importants, en fond, comme la vérité/l’honnêteté dans la presse (la Vérité), la politique/diplomatie (Le cinquième éléphant), le racisme/la xénophobie/les préjugés (Le Guet des Orfèvres), le temps (Procrastination), les croyances/la foi/la superstition (le père Porcher)… Bref, du fond, de la forme, de la matière à rire et à réfléchir… Je suis totalement dingue de ses bouquins !


- : Ouh là… Euh… Les versions qui paraissent les premières, à l’Atalante, sont trop chères pour mon petit porte-monnaie !

Note : 19,9/20 (certains tomes sont un tout ‘tit peu moins bien)

Détails pratiques : - à l’Atalante ou chez Pocket
-    autour de 400 pages en poche
-    une vingtaine d’euros à l’Atalante, entre 7 € et 9 € chez Pocket, 29 € pour Le dernier héros qui est un album illustré.


Autres : D’autres livres sont parus, comme le Vade-Mecum du Disque-Monde et le Nouveau Vade-Mecum du Disque-Monde (plus récent – et génial ! ^^), la Science du Disque-Monde, les Ch’tits hommes libres, Le Fabuleux Maurice et ses rongeurs savants, …
Je rajoute ceci suite à une demande par commentaire (c'était un oubli impardonnable de ma part !) :
Il faut avoir du courage pour s'attaquer à une oeuvre de ca gabarit, voilà pourquoi je peux donner des conseils (totalement subjectifs !) sur le début du commencement pratchettien :
Un de mes préférés est "Le Guet des Orfèvres" (T. 15 - existe en poche) et je sais qu'on peut ne lire que celui-ci et comprendre. Autrement, si on veut commencer plus "tôt" dans la série, il y a le T. 3 (existe en poche) : "La huitième fille" et après selon vos goûts...
- Plus polar : "Pieds d'argile" (existe en poche - T. 19)
- Plus aventure (avec les mages) : Le dernier continent (n'existe pas en poche - T. 22)
- Avec la Mort : Mortimer (en poche - T. 4)

SI vous avez d'autres questions, n'hésitez pas !

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Vendredi 20 juillet 2007
Traducteurs : Jacques Chambon et Henri Robillot

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Résumé du 4e de couverture : 451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre d'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'unn monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lirs un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

Résumé perso :
Le personnage principal, Guy Montag, nous apparaît d'abord comme un être insupportable par son métier de "destructeur de culture" et bourré de certitudes. Seulement, cette carapace se fissure très vite, lorsqu'il rencontre Clarisse, "17 ans (...) et folle" qui se pose des questions, est pleine de curiosité, et lui parlant de la lune et des pissenlits, l'éveille ou le réveille à la conscience. Dès lors, il devient un danger pour cette société de l'amusement et du plaisir, complètement antisociale et bien trop individualiste et égoïste.

Extraits : "Les poings serrés sur l'embout de cuivre, armé de ce python géant qui crachait son venin de pétrole sur le monde ; il sentait le sang battre à ses tempes, et ses mains devenaient celles d'un prodigieux chef d'orchestre dirigeant toutes les symphonies en feu majeur pour abattre les guenilles et les ruines carbonisées de l'Histoire."
"Il m'arrive de penser que les conducteurs ne savent pas ce que c'est que l'herbe, les fleurs, parce qu'ils ne laissent jamais leurs yeux s'attarder dessus. Prenez un conducteur et montrez-lui le flou qui l'entoure. Si c'est vert, il dira : "Très bien, voilà de l'herbe !" Si c'est rose : "Voilà un jardin de roses !" Les taches blanches, ce sont des maisons. Le marron, des vaches. Un jour mon oncle s'est avisé de conduire lentement sur une autoroute. Il roulait à soixante-dix à l'heure ; il a eu droit à deux jours de prison. C'est drôle, non ? Et triste aussi, vous ne trouvez pas ?"

Critique :
+ : Un thème qui me touche beaucoup (et tous ceux ici présents, j'imagine !) et qui est toujours d'actualité - peut-être encore plus - cinquante-quatre ans après sa parution. Les personnages auxquels l'auteur s'attache (il y en a peu) sont tous intéressants, complexes. Il n'y a pas de bien et de mal, il y a simplement la réflexion sur la vie, le monde, la société qui nous entourent et dont nous faisons partie intégrante, et la conscience[/u].
En plus de ça, ce livre est très bien écrit, loin de la SF d'usine, qui paraît de plus en plus, dont les les schémas sont toujours les mêmes. On le voit d'ailleurs dans le premier extrait : il y a nombre d'images magnifiques qui plantent parfaitement le décor et naturellement, des métaphores continuelles sur le feu.
Ce qui est très important également, c'est l'excellente traduction (la deuxième, voire explications dans la très intéressante préface de J.Chambon) de J.Chambon et H.Robillot.

- : Euh... Clarisse disparaît trop vite et brusquement ?

Note : 19,5/20 (rien n'est jamais parfait... ^^)

Détails pratiques :
- Folio SF chez Denoël
- 203 pages en comptant la préface de 5 pages
- 4,37 € (prix FNAC)

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