Dimanche 26 août 2007
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Le regard des Furies, de Javier Negrete
Traducteur : Christophe Josse
Résumé du 4e de couverture : « Je ne suis pas un homme, se répétait-il. Il était plus et beaucoup moins. Un prédateur doué d’une intelligence et d’une efficacité extrêmes ; une machine à tuer ; un esclave du pouvoir, comme la Parque Atropos qui tranche le fil de la vie quand sa sœur Lachésis le lui ordonne. Les bêtes, les machines, les Parques et les génètes n’obéissent à aucune morale, ils ne peuvent choisir entre le bien et le mal. »
2116. Voici l’histoire d’Érèmos le « génète », agent clandestin de la puissante compagnie HONYC, en mission sur une planète-bagne pour y retrouver le secret du voyage interstellaire, jalousement gardé par les Tritons extraterrestres.
Un grand roman de science-fiction en même temps qu’une parabole sur l’exercice de la responsabilité.
Mon résumé : Érèmos, un génète, c’est-à-dire un « OGM humain », à mi-chemin entre l’homme et la machine, est chargé, après un sommeil artificiel de 20 ans, d’effectuer la mission la plus difficile qu’on lui ait jamais donnée. Seul, sur une planète inconnue dotée d’un univers carcéral et en déchéance, sans arme, sans contact, et il n’a que treize jours. Un personnage sans morale puisque sans conscience du bien et du mal, d’une intelligence exceptionnelle, aux ressources quasi-inépuisables, avec un fonctionnement interne équivalent à celui d’un ordinateur, un sex-appeal impressionnant… Sans oublier sa carrière de tueur en série.
Extraits :« Chez lui [Érèmos], les attirances relevaient du domaine de la curiosité, et le terme « attirance » n’était pas adapté en l’occurrence, car c’était plus intellectuel. »
« Quel est le fondement de l’éthique telle que nous l’envisageons habituellement, étant donné que les indices sur la nature de l’homme au cours de l’histoire semblent nous amener à la même conclusion : le droit du plus fort prévaut toujours ? »
« L’énorme chope de bière à demi pleine sur une table basse, à côté du hamac, était éloquente. Maldini avait l’air d’un hippopotame venu s’abreuver à ce récipient ocre. »
« Les prisonniers (…) se penchèrent au-dessus du Tartare, l’immense canyon qui s’ouvrait sous leurs pieds. Le terrain se creusait dans une chute à pic d’environ deux cents mètres. Ensuite, on découvrait une descente vertigineuse de ravins, de gorges et de murailles de roche avant d’atteindre, enfin, mille mètres en contrebas peut-être bien, une vaste terrasse naturelle. Une ville y était édifiée. »
« Doué d’une mémoire très précise, il savait que trente-trois vies s’étaient éteintes sous ses yeux, par sa faute expressément. Mais il était aussi l’auteur de l’attentat contre l’usine d‘antimatière à Pomone et de l’explosion du vaisseau interplanétaire dans le système de Véga, sans oublier la dépressurisation dans trois secteurs de la station Bérénice. Des centaines de personnes qu’il n’avait pas vues succomber, des voix qui auraient dû crier vengeance dans sa conscience, des yeux qui auraient dû hanter ses rêves. »
Critique : Un très bon roman de SF, basé sur des problèmes que rencontre notre science et auxquels l’auteur invente des solutions, bien que sans les expliquer, ce qui permet d’un côté de ne pas tomber dans un faux docufiction où l’auteur « s’y croit » mais d’un autre, est une solution de facilité.
Le monde sur lequel évolue la plupart du temps le héros, Rhadamante, ressemble à un bas-fond de ville américaine, suffisamment éloigné des quartiers riches pour que ça ne gêne pas les bourgeois et pour que les caïds, créant leur mafia, puissent d’emparer officieusement, voire officiellement, du pouvoir. Le héros, Érèmos, est délicieusement insupportable, réussissant en tout, mais dépourvu de morale, remords ou sentiments quelconques (du moins au départ), et d’une culture étonnante. Les allusions et comparaisons répétées avec la Grèce antique donnent une dimension de plus. Ce livre véritablement écrit est à la 3e personne mais le point de vue est celui qu’on pourrait tout à fait prêter à Érèmos, notamment un certain nombre de petites touches d’humour ironique et pince-sans-rire, voire cynique.
Il porte à s’interroger sur la science, l’Univers, l’humanité, la rencontre-choc avec une forme de vie différente… Tout en étant un bon roman d’aventure-SF !
+ : - L’écriture
- Le personnage principal et ses caractéristiques
- L’univers à la fois familier et nouveau
- Le questionnement ouvert par ce roman
- : - Avoir basé (ou presque) son roman sur des voyages à vitesse hyperluminique, utiliser un certain nombre de personnages chercheurs ou savants, sans jamais expliquer véritablement (ce qui est, bien-sûr, normal, car s’il détenait une véritable solution, nous serions sûrement en train de préparer un voyage dans le système de Proxima du Centaure !).
- Dire plusieurs fois que deux personnages ne se reverront pas, tout en les faisant se rencontrer à nouveau (mais ceci vient peut-être de la traduction des temps et des conjugaisons employés)
Note : 17/20 Les défauts sont très bien compensés par les qualités (à trois points près ! ^^)
Détails pratiques : - Collection Dentelle du Cygne à l’Atalante
- 398 pages de roman
- Prix FNAC : 18,90 €
Résumé du 4e de couverture : « Je ne suis pas un homme, se répétait-il. Il était plus et beaucoup moins. Un prédateur doué d’une intelligence et d’une efficacité extrêmes ; une machine à tuer ; un esclave du pouvoir, comme la Parque Atropos qui tranche le fil de la vie quand sa sœur Lachésis le lui ordonne. Les bêtes, les machines, les Parques et les génètes n’obéissent à aucune morale, ils ne peuvent choisir entre le bien et le mal. »
2116. Voici l’histoire d’Érèmos le « génète », agent clandestin de la puissante compagnie HONYC, en mission sur une planète-bagne pour y retrouver le secret du voyage interstellaire, jalousement gardé par les Tritons extraterrestres.
Un grand roman de science-fiction en même temps qu’une parabole sur l’exercice de la responsabilité.
Mon résumé : Érèmos, un génète, c’est-à-dire un « OGM humain », à mi-chemin entre l’homme et la machine, est chargé, après un sommeil artificiel de 20 ans, d’effectuer la mission la plus difficile qu’on lui ait jamais donnée. Seul, sur une planète inconnue dotée d’un univers carcéral et en déchéance, sans arme, sans contact, et il n’a que treize jours. Un personnage sans morale puisque sans conscience du bien et du mal, d’une intelligence exceptionnelle, aux ressources quasi-inépuisables, avec un fonctionnement interne équivalent à celui d’un ordinateur, un sex-appeal impressionnant… Sans oublier sa carrière de tueur en série.
Extraits :« Chez lui [Érèmos], les attirances relevaient du domaine de la curiosité, et le terme « attirance » n’était pas adapté en l’occurrence, car c’était plus intellectuel. »
« Quel est le fondement de l’éthique telle que nous l’envisageons habituellement, étant donné que les indices sur la nature de l’homme au cours de l’histoire semblent nous amener à la même conclusion : le droit du plus fort prévaut toujours ? »
« L’énorme chope de bière à demi pleine sur une table basse, à côté du hamac, était éloquente. Maldini avait l’air d’un hippopotame venu s’abreuver à ce récipient ocre. »
« Les prisonniers (…) se penchèrent au-dessus du Tartare, l’immense canyon qui s’ouvrait sous leurs pieds. Le terrain se creusait dans une chute à pic d’environ deux cents mètres. Ensuite, on découvrait une descente vertigineuse de ravins, de gorges et de murailles de roche avant d’atteindre, enfin, mille mètres en contrebas peut-être bien, une vaste terrasse naturelle. Une ville y était édifiée. »
« Doué d’une mémoire très précise, il savait que trente-trois vies s’étaient éteintes sous ses yeux, par sa faute expressément. Mais il était aussi l’auteur de l’attentat contre l’usine d‘antimatière à Pomone et de l’explosion du vaisseau interplanétaire dans le système de Véga, sans oublier la dépressurisation dans trois secteurs de la station Bérénice. Des centaines de personnes qu’il n’avait pas vues succomber, des voix qui auraient dû crier vengeance dans sa conscience, des yeux qui auraient dû hanter ses rêves. »
Critique : Un très bon roman de SF, basé sur des problèmes que rencontre notre science et auxquels l’auteur invente des solutions, bien que sans les expliquer, ce qui permet d’un côté de ne pas tomber dans un faux docufiction où l’auteur « s’y croit » mais d’un autre, est une solution de facilité.
Le monde sur lequel évolue la plupart du temps le héros, Rhadamante, ressemble à un bas-fond de ville américaine, suffisamment éloigné des quartiers riches pour que ça ne gêne pas les bourgeois et pour que les caïds, créant leur mafia, puissent d’emparer officieusement, voire officiellement, du pouvoir. Le héros, Érèmos, est délicieusement insupportable, réussissant en tout, mais dépourvu de morale, remords ou sentiments quelconques (du moins au départ), et d’une culture étonnante. Les allusions et comparaisons répétées avec la Grèce antique donnent une dimension de plus. Ce livre véritablement écrit est à la 3e personne mais le point de vue est celui qu’on pourrait tout à fait prêter à Érèmos, notamment un certain nombre de petites touches d’humour ironique et pince-sans-rire, voire cynique.
Il porte à s’interroger sur la science, l’Univers, l’humanité, la rencontre-choc avec une forme de vie différente… Tout en étant un bon roman d’aventure-SF !
+ : - L’écriture
- Le personnage principal et ses caractéristiques
- L’univers à la fois familier et nouveau
- Le questionnement ouvert par ce roman
- : - Avoir basé (ou presque) son roman sur des voyages à vitesse hyperluminique, utiliser un certain nombre de personnages chercheurs ou savants, sans jamais expliquer véritablement (ce qui est, bien-sûr, normal, car s’il détenait une véritable solution, nous serions sûrement en train de préparer un voyage dans le système de Proxima du Centaure !).
- Dire plusieurs fois que deux personnages ne se reverront pas, tout en les faisant se rencontrer à nouveau (mais ceci vient peut-être de la traduction des temps et des conjugaisons employés)
Note : 17/20 Les défauts sont très bien compensés par les qualités (à trois points près ! ^^)
Détails pratiques : - Collection Dentelle du Cygne à l’Atalante
- 398 pages de roman
- Prix FNAC : 18,90 €
Critique de Viveleslivres, administratrice du Forum Litterat de Bibliothèque, et votre serviteuse !