Résumé du quatrième de couverture : Au centre du roman, une chaussure abandonnée sur un toit parisien. Tous les personnages du livre fréquentent le même immeuble, à proximité des rails de la
gare du Nord. On rencontrera un enfant rêveur, un cambrioleur amoureux, trois malfrats déjantés, un unijambiste, un présentateur vedette de la télévision soudain foudroyé par l’évidence de sa
propre médiocrité, un chien mélancolique, un immigré sans papiers, une vieille excentrique, un artiste (très) contemporain, un narrateur au bord du suicide... et une chaussure pleine de ressources
romanesques.
Mon résumé : Je déconseille vivement à tout le monde de lire les quatrièmes de couverture – je le fais de plus en plus rarement et surtout pas pour les romans du Prix. Ils en disent souvent
trop, ou alors mal et on est déçu, ou simplement très surpris. Cependant, celui-ci est plutôt correct et m’avait fait présager un bon livre – ce qui s’avère. Le coeur de ce livre est effectivement
cette « chaussure sur le toit » : chaque chapitre est raconté à la première personne, par un personnage différent, vivant dans l’immeuble. Et chacun d’eux raconte une histoire où une chaussure «
apparaît » sur un toit...
Extraits : « Papa ? Oui ? Est-ce que si je te dis un secret, tu vas me croire ? C’est ça qui t’a réveillée ? Elle me fixait toujours. Elle n’avait pas l’air apeuré, pourtant. Dis-moi
ton secret, et après tu vas te coucher, d’accord ? Elle hésitait encore. Je ne le répéterai à personne, c’est promis, mais tu me le dis, et papa va se coucher. Mais est-ce que tu vas me croire ? Si
tu veux, ma chérie, si tu veux, mais dis-le-moi vite et va te recoucher. Tu ne le diras pas non plus à maman ? Même à trois heures du matin, il faut garder des principes : ça, on verra, lui ai-je
dit, ça dépend de ton secret. Elle a réfléchi un instant avec gravité tout en regardant ses doigts de pied. Quand elle est comme ça, on dirait sa mère. Moi, j’avais juste envie de retourner au lit
et d’attendre plutôt le lendemain pour apprendre le grand secret, voire de laisser le soin à Catherine de le recueillir. Bon, si tu veux, tu me le diras demain, parce qu’on ne va pas y passer toute
la nuit, d’accord ? Ça l’a décidée. »
« Kant, Critique de la raison pure : Ma nouvelle vocation philosophique a connu des hauts et des bas. Kant a été un pénible moment à passer. Il faut
le dire : la possibilité des jugements synthétiques a priori ne m’avait pas jusqu’à présent vraiment tourmenté.
Évidemment, la découverte que l’espace et le temps n’appartiennent pas aux choses elles-mêmes, mais relèvent de notre faculté réceptive, a provoqué chez moi un vertige assez
désagréable : j’ai eu quelque mal à me déplacer dans mon appartement durant cette période, les objets bougeant en même temps que moi – mais je crois que c’était aussi dû à mon régime alimentaire.
»
« Alors, j’ai fini par prendre le taureau par les cornes et, un matin, je lui ai dit comme ça, tout à trac : vous savez, ça ne me gêne pas du tout. Il a sursauté, a bredouillé : quoi donc, madame ?
Ça ne me gêne pas du tout que vous soyez un pompier homosexuel. Je vous trouve toujours bon garçon, et ça me fait toujours autant plaisir de prendre le petit-déjeuner avec vous. Tu l’aurais vu, à
ce moment-là, il en avait les larmes aux yeux. »
Critique : Ce roman à nombreuses voix m’a fait penser dès le troisième chapitre : « Mais où est-ce qu’il nous emmène ? », « Je croyais que c’était ça... et en fait, c’est ça ? ». Très vite,
j’ai ri. Les personnages (pas tous) sont drôles ; certains plus que d’autres, comme ce présentateur télé devenu philosophe (une petite vengeance de l’auteur, qui est prof de philo ?) ou cette
vieille femme hébergeant chez elle un jeune pompier homosexuel. L’effet de surprise joue toujours beaucoup, comme dans le chapitre « Caractère de chien » : j’ai vraiment été prise par ce que
racontait le narrateur, et au bout de quelques pages, le choc ! J’ai vraiment rigolé toute seule !
L’idée en soi est réellement bonne, inattendue, originale... Et l’écriture suit ! Que demander de plus ? Il n’est pas complètement léger : le chapitre trois « Chant de l’attente
» est un beau passage d’amour, triste et humain, tout en parlant de faits d’actualité.
Je n’ose pas en dire plus, de peur de dévoiler quelque chose qui gâcherait le plaisir, si quelqu’un se décide à le lire.
Une autre chose me plaît : le fait que tous les protagonistes habitent le même immeuble, ce qui crée un jeu d’échos et de clins d’oeil fort plaisants.
Conclusion : un bon roman divertissant, bien écrit et savoureux, drôle et/ou émouvant à souhait, et ne m’ayant pas déçu une seule fois !
À lire le plus tôt possible (enfin je vous souhaite qu’il sorte en poche !)
Niark c'était pas le meilleur. Lol Question de principe. Mais c'est vrai qu'il est intéressant et drôle ... c'est fout ce que j'évolue en ce moment lol.
Commentaire n° 1 posté par Rêvelin le 14/09/2008 à 19h35
Oh oui, qu'est-ce que tu évolues !!!
C'est la philo ? ^^
Je suis d'accord que les "ficelles" de la narration étaient visibles, mais ça ne m'a absolument pas empêchée de l'aimer !
Et je suis aussi d'accord que ce n'était pas le meilleur, tu le sais bien... Mon chéri d'amour c'est "Le passé devant soi"... :) :) Et après "Indian Tango", même si je n'aime toujours pas beaucoup
le personnage de l'écrivain, qui me met très mal à l'aise.
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C'est la philo ? ^^
Je suis d'accord que les "ficelles" de la narration étaient visibles, mais ça ne m'a absolument pas empêchée de l'aimer !
Et je suis aussi d'accord que ce n'était pas le meilleur, tu le sais bien... Mon chéri d'amour c'est "Le passé devant soi"... :) :) Et après "Indian Tango", même si je n'aime toujours pas beaucoup le personnage de l'écrivain, qui me met très mal à l'aise.